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Les châteaux font toujours envie

Philippe Legoux vend des châteaux en Bretagne et dans les Pays de la Loire.

Les châteaux font toujours envie

Philippe Legoux,
Photos Caroline Le Blan

Philippe Legoux fait partie des spécialistes du château en France. Ils sont peu nombreux, une petite dizaine. Son terrain d'élection, c'est la Bretagne et les Pays de la Loire. Installé à Nantes, il observe les évolutions du marché d'un oeil curieux, averti et philosophe. On l'écoute.

Quel genre d'agent immobilier êtes-vous ?

Je suis un marchand de décors en pierres ! J'aime à penser que je suis un ambassadeur des vieilles pierres. La vente de châteaux est un acte très particulier, il s'agit de faire "parler" les vieilles pierres ou de favoriser leur mise en scène.

Comment vont nos châteaux français ?

Il y aura toujours un engouement pour ce qui est rare et ancien. On a affaire à une clientèle qui sort de l'ordinaire. Pour les châteaux, les visites sont très importantes. On ne peut se fier à une visite virtuelle comme cela se fait beaucoup aujourd'hui dans l'immobilier. La rencontre entre l'agent et l'acheteur est très importante. A vrai dire, je ne crois pas que ce soit l'acheteur qui choisisse le château mais l'inverse. Et, notre rôle est de favoriser la bonne rencontre.

Vous avez toujours vendu des châteaux ?

Non, j'ai commencé ma carrière dans la marine marchande, cette règle Cras sur mon bureau me le rappelle. J'ai gardé de cette expérience un sens aigu de l'observation qui m'est très utile pour ce métier que je pratique depuis une dizaine d'années. J'ai la passion des châteaux et des beaux jardins. L'un ne devrait jamais aller sans l'autre.

Vous travaillez dans toute la France ?

Non, je me consacre exclusivement aux Pays de la Loire et à la Bretagne.

Combien avez-vous de châteaux en portefeuille ?

Environ quatre-vingts. Depuis deux, trois ans, le nombre de ventes annuelles a légèrement baissé, notamment à cause de l'envolée des prix. Les prix sont fonction de l'importance du château, de la surface habitable et de la cotation de l'immobilier de prestige.

Certains prix de vente sont-ils trop élevés ?

Oui et il est important que certains vendeurs reviennent à des prix de présentation cohérents. Ces prix surévalués poussent les acheteurs à négocier davantage et il n'est ni raisonnable, ni sérieux de négocier une part trop importante du prix de vente. C'est donc mon rôle de conseiller le réalisme aux vendeurs.

Les châteaux ont-ils toujours un fort pouvoir d'attraction ?

Oui, les châteaux font toujours autant envie. Le château était avant tout un signe de puissance pour les grandes familles, pas forcément de richesse. Aujourd'hui, ce n'est pas ce qui attirent les acheteurs de châteaux. Si le château met en valeur son propriétaire, le met en scène en quelque sorte, c'est un style de vie qui ne convient pas à tout le monde.

Cette clientèle est-elle plutôt française ?

J'ai beaucoup de clients parisiens. La vente d'un appartement de 300 m2 à Neuilly ou dans le XVIe arrondissement de Paris permet d'acheter un château de 700 à 1 000 m2 en province.

Est-ce que les très grands châteaux se vendent moins bien ?

Non, tout dépend de leur niveau d'équipement. Tous les éléments anciens de décors, cheminées, boiseries, etc. influent également sur le prix de vente.

Quel est le profil de l'acheteur de château ?

Ce ne sont pas des acquéreurs ordinaires. En général, ce sont des personnes qui cherchent un édifice sobre avec 20 à 30 hectares de parc clos car ils aspirent à la tranquillité, à la sérénité. D'une certaine manière, ils se mettent à l'abri du monde, tout en aimant recevoir. Ce sont souvent des gens très intéressants, ce métier permet de faire de belles rencontres. J'ai remarqué que la plupart souhaitent retrouver une part de leur enfance, une atmosphère. On partage parfois une petite part d'intimité avec l'acquéreur ou le vendeur.

Acheter un château est un acte sentimental ?

Oui, en partie. Cela s'apparente à une sorte de quête ! Une quête qui nécessite certains moyens financiers mais aussi une culture. En acquérant un château, on peut devenir vraiment le maître des lieux. On n'achète jamais un château par hasard. La vente est la finalité d'une mise en scène réussie, où chacun des acteurs a joué son rôle. Le vendeur est souvent le dramaturge et joue le rôle du mari trompé. L'acquéreur est l'amoureux séduit, parfois transi. Le château ou la propriété joue le rôle de la belle amante séduisante, pouvant être affublée d'un pied-bot. Le marchand de châteaux s'occupe de la mise en scène, influence parfois les décors et corrige toujours les réparties.

Les vendre demande donc une culture particulière ?

Oui, il faut avoir de très bonnes notions d'architecture et être passionné. C'est d'ailleurs un vrai plaisir car on n'imagine pas le nombre de joyaux architecturaux que compte la France. Il faut aussi être très bon conseiller sur tous les plans : fiscaux, patrimoniaux, etc.

Vous vivez et vous travaillez dans un très bel hôtel particulier XVIIIe. Quel serait votre château de rêve ?

Bizarrement, je n'ai pas de goût particulier pour telle ou telle époque. J'aime les jolies choses. Si c'est homogène et harmonieux, ça me plait. Même si quelquefois, découvrir un intérieur Napoléon III dans un manoir du XVe siècle, c'est bluffant !

Comment voyez-vous l'avenir proche de ce marché ?

Evidemment, les élections présidentielles freinent un peu le marché car elles portent une part d'incertitude. Ce qui est normal puisque l'achat d'un château comporte une grande part d'investissement patrimonial, d'une part et, d'autre part, les dispositifs fiscaux qui peuvent aider les acheteurs sont très importants. Toute modification de ces dispositifs auraient des conséquences dommageables sur l'activité du marché et, à terme, sur la conservation de notre patrimoine historique. Mais tout ceci ne concerne que les acheteurs français.

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